J'étais très soucieux de ma santé ainsi que celle de mon entourage.
Je lisais plus ou moins en cachette le livre de médecine de mes parents.
Mon petit frère Gilles devait se faire opérer du palais et de la bouche. Il a été hospitalisé. J'étais inquiet et priait secrètement pour que tout se passe bien. Son retour en pleine forme m'avait parfaitement rassuré et réjoui.
Ma mère écoute et questionne la voisine au sujet, je pense, d'une connaissance décédée. D'après ce que je comprends, son pharynx s''était ratatiné et l'avait empêché de respirer. Il suffoquait. Eh bien je me suis imaginé que cela pouvait m'arriver et pendant longtemps je tâtais ma gorge pour m'assurer qu'elle se portait bien.
Ma mère craignait qu'on ne soit enlevé par un inconnu qui pouvait nous offrir des bonbons pour nous attirer. Elle nous recommandait de ne jamais suivre une telle personne.
Chaque année, nous avions une visite médicale à l'école. Un médecin et une infirmière s'installaient dans une salle de classe et nous attendions notre tour en slip. Lorsque je passai devant le médecin, il examina mon cœur, ma respiration, puis mon sexe. A la fin de la consultation il dit à l'infirmière : "éréthisme cardiaque".
Bien sûr je fus très inquiet d'entendre ce diagnostique.
Quelques jours après mes parents reçurent le compte rendu de cette visite où il était noté :"phimosis à opérer". Rien n'était noté à ce sujet dans notre livre de médecine.
Un jour mes parents me disputèrent beaucoup pour je ne sais plus pour quelle raison. Je me mis à pleurer et leur déclarait que j'étais cardiaque en leur expliquant la scène de la visite médicale.
Mon père pris rendez-vous avec notre docteur et un jour m'emmena à son cabinet. Il me demanda de m'allonger sur son divan de consultation baissa mon pantalon et mon slip et commença à me tripoter le pénis ce qui me fit rigoler. Puis une forte douleur me fit crier. En fait le phimosis en question était un rétrécissement du prépuce qu'il élargit en tirant dessus avec ses doigts. Il prescrit une pommade que mon père devait me passer chaque jour à cet endroit. Je devais avoir 11 ou 12 ans.
Quant à l'éréthisme cardiaque le médecin déclara que je n'en souffrais pas. J'étais rassuré. Le médecin scolaire avait dû donner cette indication à l'infirmière pour le garçon qui m'avait précédé.
Dès qu'on devait prendre un moyen de locomotion, je craignais qu'on puisse avoir un accident et m'imaginais ce que je ferais en pareil cas pour en sortir indemne. Cette angoisse diffuse se manifesta particulièrement lorsque nous partîmes en Corse, dans le car, puis le train, le bateau et le train Corse.
De temps en temps, comme tout enfant, je me tripotais avec plaisir. Mes parents ne m'ont jamais parlé de cette agréable activité et ne m'ont jamais fait par d'une quelconque interdiction. Je lus dan le livre de médecine que c'était une habitude néfaste dont on devait protéger les enfants afin de leur éviter un affaiblissement intellectuel, un manque de concentration, des rêveries. Une peau terne, les yeux cernés étaient les indices de la pratique de ce vice.
L'attirance irépréssible du plaisir était là mais accompagnée après coup de craintes et de culpabilité accrue par les sermons des prêtres.
Ma mère avait souvent des crises, elle avait avec des vertiges la sensation d'étouffer. Elle se mettait à crier tout en se dirigeant près de la fenêtre pour respirer plus d'air. Elle avait l'impression de mourir. J'étais très angoissé quant à cette idée. Puis la crise disparaissait comme elle était venue. Nous étions rassurés. Mon père appelais notre médecin de famille, le Docteur Bonnard qui arrivant longtemps après la crise ne trouvait aucun symptôme de maladie. La dernière fois qu'il est venu à cette occasion, il s'est mis à disputer très fortement ma mère. Elle s'en ai plaint, mais les crises ont définitivement disparues.
Lorsque je me piquais ou me blessais en bricolant mon vélo, je surveillant les jours suivants ma mâchoire pour m'assurer qu'elle ne se raidissait pas, ce qui était le premier signe du tétanos. J'avais lu l'évolution de cette maladie dans le livre de médecine.
Les vers :
d'après mes parents, presque tous les enfants abritaient dans leurs intestins une colonie de petits vers blancs, les oxyures qui procuraient des démangeaisons autour de l'anus.. Il était nécessaire de s'en débarrasser pour éviter la nervosité d'autant plus que j'en avait été victime, bébé, lorsque je fus pris de convulsions.
Deux médecines nous étaient imposées avec bienveillance :
le sirop vermifuge bu à la petite cuillère avait un goût passablement agréable et le collier d'ail qui
consistait à mettre autour de notre cou, au moment d'aller se coucher, les jours de pleine lune, un collier confectionné par ma mère avec une dizaine de gousses d'ail.
Un jour, un homme grand et maigre est venu apporter je ne sais plus quoi à ma mère. Elle lui offre l'apéritif. Il boit son verre de pastis rapidement. A peine son verre fini et posé sur la table, il tombe raide en arrière. Tout le monde s'affole, on croit qu'il vient de mourir. Ma mère, mon frère te moi nous crions, nous appelons du secours. Puis, après quelques minutes d'affolement de notre part, l'homme se relève. Il est vivant, on est rassuré. Il nous informe que cela lui arrive de temps en temps.
Un hiver de grand froid, peut-être en 1956, ma mère tomba malade. Mon père appela le médecin qui diagnostiqua une congestion pulmonaire. Elle devait rester au chaud et se reposer. Mon père aménagea un lit dans la cuisine où la température était clémente grâce au poêle. Elle resta ainsi allongée pendant quelques jours durant lesquels le médecin venait l'ausculter régulièrement jusqu'à ce qu'elle guérisse complètement.
En plus des angines ou grippes de saison nous eûmes mon frère Gérard et moi des maladies infantiles. Pour ma part j'ai dû attraper les oreillons à Chalan, la rubéole et la varicelle à Thizy. Pour chacune de ces maladies on devait rester éloigner de l'école pendant quelques temps pour éviter la contagion. Pour retourner en classe le médecin devait établir un certificat de non contagiosité.
Beaucoup plus tard, à 21 ans j'aurai la rougeole.










Pour nous fortifier on avait droit une ou deux fois par an à la cure d'huile de foie de morue. Cette mixture a un goût immonde. Ma mère nous donnait une cuillère à soupe remplie à raz bord qu'on avalait très vite en espérant que la vitesse de déglutition allait faire disparaître son odieuse sapidité qui nous obligeait à grimacer et à gigoter.


Les bienfaits santé de l'huile de foie de morue
Favorise la bonne croissance osseuse ;
Maintien de la santé des os et des dents ;
Protège la santé cardiovasculaire ;
Préserve la qualité et la jeunesse de la peau ;
Renforce l'immunité ;
Améliore le confort articulaire ;
Prévient le déclin cognitif ;
Préserve la santé des yeux ;
Aide au bien-être émotionnel.












