Je découvrais quelques nouveautés, la présence des filles dans la classe, la multiplicité des enseignants spécialisées dans une ou plusieurs matières, le petit nombre d'élèves dans la classe ( Nous étions 15), l'apprentissage de l'anglais.
Je n'avais plus mes copains car j'étais pratiquement le seul de ma classe de CM2 à me retrouver en sixième.
Les enseignants étaient des professeurs, les profs et non plus des maîtres. Comme à l'école primaire on levait le doigt lorsqu'on voulait leur parler ou répondre à une question en les interpellant parfois "Msieur, Msieur" ou "Mdame, Mdame "
Nous restions toujours dans la même salle de classe, c'étaient les enseignants qui se déplaçaient.

Je ne me souviens que de quelques camarades avec lesquels j'avais sympathisé :
Pierre Orluc, fils d'un entrepreneur en maçonnerie, Maurice Lachal dont le père était instituteur à Bourg de Thizy, Claudette Portier, Michel Chevrier.

Au premier trimestre, mes résultats furent mauvais. Fini la place de premier de la classe je devenais l'avant dernier. Je sombrais et je ne savais pas pourquoi. Mes parents en furent désolés et ma mère m'appris le chagrin de mon père qui en pleura.
Il y eut des progrès au deuxième trimestre puisque j'atteignis la moyenne et remontais de deux places. Au troisième trimestre je la frôlai.

1956-1957 classe de sixième

Deuxième trimestre

Troisième trimestre

J'étais rêveur

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Premier trimestre

1957-1958 classe de cinquième première année

Mes camarades que j'avais laissé en primaire, étaient
en classe de fin d'étude première année. Mais certains sont passés en sixième puisque l'année précédente l'examen d'entrée a été supprimé et permettait aux élèves ayant la moyenne de passer au collège.

Le certificat d'étude primaire était encore à l'époque un examen important. Ceux qui l'avaient obtenu bénéficiaient d'une certaine notoriété. Il permettait d'accéder à certains emplois de bureau et notamment de pouvoir entrer dans les PTT, les poste, télégraphe et télécommunication qui garantissaient un emploi stable et relativement bien rémunéré.
Il était donc important que j'obtienne cet examen malgré les difficultés que je rencontrais en orthographe notamment (zéro dans cette matière, soit cinq fautes étaient éliminatoires.)
C'est la raison pour laquelle on me conseillait le redoublement.

Je pense que c'est cette année là que j'eus un incident avec le professeur d'anglais, monsieur S.
Je ne sait plus pour quelle raison, je devais être certainement dissipé, il me cola une calotte qui me fit très mal à la joue et qui m'assourdissait pendant quelques minutes. Au cours complémentaire, je n'ai jamais vu de châtiments corporels à part celui là dont j'avais été victime. Lorsque je rapportais cet événement à mes parents, mon père, affecté, écrivit une lettre de protestation au professeur en question que je lui remit fièrement le lendemain. Mon père expliquait, que les seules personnes susceptibles de me donner une correction étaient seulement ses parents.
Le monsieur fut vexé et pris la parole devant toute la classe expliquant qu'il était inadmissible qu'on lui reprochât son geste et qu'il était, dans sa classe, le seul maître à bord. Tous les regards de mes camarades se posèrent sur moi et j'en fus très humilié.
Je ne me souviens plus quelles relations j'avais pu avoir avec ce professeur. Je me souviens pourtant que tout le temps ce professeur m'indisposait par son agressivité. De petite taille, il arrivait en classe, bombant le torse et jetant son cartable sur son bureau pratiquement depuis le porte d'entrée. Ce n'était pas pour plaisanter, mais il semblait y prendre un plaisir de domination sur les choses et peut-être sur les êtres dont les enfants qu'il enseignait.

J'aimais aussi rire et m'amuser

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Premier trimestre

Deuxième trimestre

Troisième trimestre

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J'étais faible en français, aussi bien en orthographe qu'en rédaction. Par contre j'aimais bien la grammaire avec les analyse de mots et les analyses logiques.
Mon père demanda à mon professeur de français, monsieur Marty, de me donner des cours.
Ainsi une heure par semaine je me rendais chez lui et il m'indiquais comment travailler dans cette matière.

Monsieur Marty nous donna une rédaction à faire dont le sujet était :"le vent". cela ne m'inspirait pas du tout et je repoussais toujours le moment où je devais m'atteler à la tâche. Lorsque vint le jour ù il fallût rendre notre devoir, c'était un matin, je prétextait avoir oublié ma copie chez moi. Monsieur Marty me demanda de la rapporter l'après midi. Très troublé et paniqué, arrivé chez moi pour le repas de midi, je pris une feuille et griffonnait quatre courtes phrases en forme de vers.
En début d'après midi, je rendis ma courte rédaction une certaine crainte.
Lorsque le professeur rendit les copies notées je tremblais presque à l'idée de la mauvaise note et la mauvaise appréciation que j'allais avoir.
Oh quelle bonne surprise. Monsieur Marty me félicita en disant que malgré le texte court, j'avais écris un véritable petit poème. J'obtins une note inespérée ; dix-huit sur vingt.

Je ne sais plus quelle bêtise j'avais faite ce matin là. Mon père voulu me donner exceptionnellement une correction. Je ne me souviens pas d'avoir reçu de la part de mes parents des quelconques sévices corporels. Ce jour là mon père dû être très en colère. Il m'empoigna et essaya de me donner une calotte. Je me débattît et croyant que je voulais l'agresser il m'asséna malencontreusement un coup de poing dans l'œil qui s'enfla aussitôt. Je ne voulu pas retourner à l'école dans cet état par crainte des questions qu'on ne manquerait pas de me poser, ne voulant pas que mon père soit catalogué comme étant violent envers ses enfants.
Il m'accompagna et alla expliquer son geste aux professeurs.

Monsieur Marty nous informa sur les exactions des nazis pendant la guerre : les horreurs des camps de concentration, les chambres à gaz, les fours crématoires, la récupérations des dents, des cheveux, la fabrication de savons à partir de matières organiques humaines.

1958-1959 classe de cinquième redoublement

Grâce à mon redoublement si je puis dire, je retrouvais mes camarades admis l'année après mon admission en sixième et notamment Bernard B.

Premier trimestre

Deuxième trimestre

Troisième trimestre

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En cours d'année arriva en classe de quatrième un nouvel élève. Il venait de la ville, de Lyon et nous expliquais sa vie passée là-bas, aussi aux récréations était-il très entouré. Il se prénommait Claude et se surnommait Bibi. Secrètement, je souhaitais qu'il devint mon copain.
J'étais amoureux d'une fille de ma classe, Christiane M. On s'échangeait des mots doux que l'on se faisait passer en classe par l'intermédiaire des copains.

Un autre incident avec le professeur d'anglais me marqua beaucoup. Il concernait cette fois ci Bernard B qui boitait suite à une luxation de la hanche au cours de sa naissance. Je ne pense pas qu'il en souffrait psychologiquement car aucun de ses camarades, me semble-t-il ne lui infligeait sa différence par quelque moquerie que ce soit.
Monsieur S. rendait les interrogations écrites faites quelques jours avant. Il arriva à la copie de Bernard qui avait obtenu une mauvaise note. Il lança très fort, devant toute la classe "pas de pitié pour les canards boiteux". Tous les élèves unanimes émirent un "Oh" qui, je pense, devait traduire une certaine désapprobation.
Alors, monsieur S. réalisa qu'il venait de faire une grosse bêtise. Il s'excusa publiquement auprès de Bernard qui je pense lui en teint pas rigueur ensuite.

J'aimais bien ma professeure de français, Madame Cauvin. Elle avait de jolis mollets qui apparaissaient sous une robe à la mode très évasée.
Comme l'année précédente en lecture expliquée nous étudiions le théâtre des auteurs classiques : Molière, Racine et Corneille. Nous devions acheter le texte intégral d'une pièce de théâtre éditée par Larousse dans des fascicules bleus et blancs dans lequel se trouvait en plus de nombreuses questions sur les caractères des personnages, les situations comiques ou tragiques auxquelles nous devins répondre au cours d'exercices écrits ou de compositions.

Depuis la sixième, nous avons étudié :
de Molière les fourberies de Scapin, Le bourgeois gentilhomme, l'avare,
de Corneille, le Cid, Cinna
de Racine, Andromaque, Britanicus

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Le 12 Juin 1959 je passais avec mes camarades les épreuves du certificat d'étude primaire (CEP). J'étais très inquiet car je doutais d'obtenir ce premier diplôme à cause de ma faiblesse en orthographe. Si par malheur je faisais cinq fautes dans la dictée j'était recalé.
Les épreuves se déroulaient dans les classes de l'école que e fréquentais. La première épreuve était justement la dictée. Je devais me concentrer énormément car en plus de l'orthographe d'usge je commettais des fautes dites d'inatention : des oublis dans les accords des verbes ou des adjectifs. En général, je me débrouillais dans les questions qui suivaient la dictée même pour celles portant sur la grammaire matière que j'aimais bien et dans laquelle je réussissais. Je connaissais parfaitement bien les règles mais par distraction, j'oubliais parfois de les appliquer.

Je ne m'inquiétais pas pour le calcul.
Il faut noter quelques petites difficultés dans le premier exrcice : la conversion des mètres cubes en décimètres cubes et le calcul de la surface latérale, les faces de certains cubes étant cachées suivant leur position.
Pour le second exercice il faut savoir manier les poucentages.
Les prix sont exprimés en nouveaux francs ou francs lourds. Pourtant cette nouvelle monnaie n'entrera en vigueur que le premier janvier 1960. Pour avoir les prix en francs de 1959, les anciens francs, il faut les multiplier par 100. Ainsi nous aurons 250 F et 600 F.

La tuberculose était la principale maladie grave et parfois mortelle de l'époque. Elle pouvait attaquer plusieurs organes et particulièrement les poumons. Les presonnes atteintes étaient envoyées en sanatorium en haute montagne. (Cf "la montagne magique " de Thmas Mann). Lorsque j'étais plus jeune certaines grandes personnes crachaient dans la rue. On nous apprenais à cracher dans un mouchoir pour évieter la propagation du microbe de la tuberculose, le bacille de Koch. Hélas la mode du crachat dans la rue, sur les trottoire est revenue chez les jeunes dans les années 1990.
Cette maladie avait disparue durant plusieurs dizaines d'années grace à la vaccination obligatoire avec le BCG.

La seconde question est différente selon qu'on était un garçon ou une fille. dans un foyer, les hommes étaient censés s'occuper du chauffage et les femmes des enfants.
Le poêle à feu continue est un progrès important à cette époque. La combustion dans cet appareil du charbon utilisé, l'antracite, étant plus lente, sa consommation en est fortement diminuée et de plus le feu ne s'éteint pas la nuit.
Il est nécessaire de l'entretenir parfaitement pour éviter les émanations de monoxyde de carbone (CO), gaz mortel.
Pour remplacer notre vieille cuisinière Roja, mes parents achetèrent un Poêle à feu continue Thermor.

De nos jour comme les mamans, les pères de famille savent préparer un biberon et s'occuper des bébés en général.

Rien à dire sur la différence entre une église romane et une cathédrale gothique. Mais quant citer une églis romane ....
La seconde question est très pointue. Elle nécessite la connaissance de la géographie de l'URSS.

il me semble que j'avais choisi le premier sujet compte tenu de mon expérience de voisinage à Sabatin.

Les questions 3 et 4 nécessitent l'utilisation des fractions ou de la règle de 3 que plus personne ne connaît.
Si 12 oeufs coûtent 2,40 NF un oeuf coûtera 12 fois moins soit 0,20 NF et 9 oeufs 9 fois plus : 1,80 NF.

Nous avions une épreuve soit de chant soit de récitation. si nous choisissions le chant il était conseillé de chanter la "Marseillaise" ou le "chant du départ" .

Pour terminer nous subissions des épreuves d'éducation physique. Pour moi c'était une véritable épreuve. J'étais nul. Il faut dire que nous n'avions pas l'occasion de faire du sport. Dans notre emploi du temps hebdomadaire nous n'avions aucun temps consacré à cette discipline. De temps en temps, mais rarement, le directeur nous emmenait dans un champs pour jouer au football. Moi, je restais sur la touche, j'avais peur du ballon et des collisions possibles avec mes camarades. Pour préparer le certificat d'étude, Monsieur Foyatier nous emmena à deux ou trois reprises dans la salle de gymnastique attenante à l'école. Là j'appris à sauter en hauteur soit de face soit en ciseaux, à sauter en longueur, à monter à la corde, à lancer le poids. Mes performances étaient pratiquement nulles.
Par exemple, les meilleurs de la classe devaient sauter un mètre vingt, moi, je ne dépassais pas les 60 centimètres. mais je fus surpris et fier d'arriver au sommet de la corde et toucher le plafond en montant, non par la force des bras comme arrivaient à le faire un ou deux camarades, mais la corde enroulée autour de la jambe. Bien sûr j'étais humilié et j'essayais de me faire discret pour éviter chacun des exercices.

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Saut en hauteur de face

Saut en hauteur en ciseaux

Les épreuves du certificat d'étude primaire

Librairie du congrès américain. Domaine publique

Jean-Paul était le fils de l'économe du centre d'apprentissage où travaillait mon père. Il avait sympathisé avec moi et j'allais quelquefois chez lui. Il était âgé d'une année de plus. Il était le seul à posséder une mobylette lui permettait de se déplacer assez loin de chez lui.

Pour me récompenser de ma réussite au certificat d'étude primaire mon père me fit choisir entre l'achat d'une mobylette ou d'un électrophone. Ma réponse fut presqu'instantanée et j'optais pour l'électrophone. Ce choix, dans mon esprit, pouvait aussi satisfaire mes parents qui aimaient la musique et les chansons. Ils pourraient ainsi écouter leurs morceaux préférés.
Mon père m'emmena chez un marchand d'appareils de radio, de tourne disques qui nous présenta deux électrophone . l'un stéréophonique de marque "Eden", l'autre avec un seul haut parleur de marque "Ducretet Thomson".
La stéréophonie était une invention très récente. on pouvait paraît-il grâce à ce système écouter un train passer devant nous avec un relief sonore saisissant.
Il nous fit écouter un disque sur chacun. On demanda un temps de réflexion pour en discuter entre nous.
La sonorité du "Ducretet Thomson" me paraissait beaucoup plus belle que celle de l'"Eden" et donc je choisis le premier. On acheta en même temps un disque 33 tours 25 cm, des chants d'opéra par Michel Dens.